Un prévisionnel de trésorerie sur treize semaines
La trésorerie ne prévient pas : elle constate. Un prévisionnel sur treize semaines — un trimestre — suffit à voir venir les creux pendant qu'il est encore temps d'agir. Tableur à télécharger, dix minutes de mise à jour par semaine.
Pourquoi treize semaines
Le compte de résultat dit si l'entreprise gagne de l'argent ; il ne dit pas si elle pourra payer les salaires le 28. Des entreprises rentables déposent le bilan chaque année pour l'avoir appris trop tard : la trésorerie est une question de dates, pas de montants — un client qui paie à soixante jours est un client qui ne vous a pas encore payé.
Treize semaines, c'est le bon horizon pour une petite entreprise : assez long pour voir venir un creux — le trou d'août, le paiement de TVA, la traite du matériel —, assez court pour rester honnête. Un prévisionnel annuel est un exercice d'imagination ; un prévisionnel à treize semaines est un instrument de pilotage.
La règle qui change tout : chaque encaissement se range à la semaine où l'argent arrive réellement sur le compte, pas à la date de la facture. C'est cette discipline-là qui fait apparaître les creux — et c'est exactement celle que les tableaux optimistes s'épargnent.
Le seuil d'alerte, et la décision qui va avec
Le tableur calcule le solde cumulé semaine par semaine et le colore en rouge sous votre seuil d'alerte. Mais un seuil n'est utile que s'il déclenche une décision convenue d'avance : relancer les factures en retard, décaler un achat, mobiliser la ligne de crédit avant d'en avoir un besoin urgent — un banquier prête plus volontiers à qui vient trois semaines avant le creux qu'à qui appelle le jour du rejet.
La mise à jour prend dix minutes chaque semaine, le même jour, à partir du solde bancaire réel. Un prévisionnel juste en janvier ne protège pas en mars : c'est la régularité qui fait l'instrument, pas la sophistication. Et gardez la trace des semaines passées : l'écart entre ce que vous aviez prévu et ce qui est arrivé est la meilleure école de prévision qui soit — au bout d'un trimestre, vous saurez de combien vos clients glissent réellement, et vos prévisions cesseront d'être des espoirs.
Le tableur à télécharger
Treize semaines en colonnes, les encaissements et décaissements usuels d'une petite entreprise en lignes, le solde cumulé calculé, le seuil d'alerte coloré. Volontairement simple : un outil qu'on met à jour vaut mieux qu'un outil qu'on admire.
- Mon expert-comptable ne fait-il pas déjà ce travail ?
- Il établit vos comptes — une photographie du passé, souvent à trois mois de distance. Le prévisionnel regarde devant, et lui seul vous dit si le 28 du mois prochain passe. Les deux se complètent, aucun ne remplace l'autre.
- Que mettre dans « devis probables » sans se raconter d'histoires ?
- Une règle simple : n'y inscrire que les devis dont le client a confirmé l'intention, et à la date d'encaissement réaliste — signature, puis délai de réalisation, puis délai de paiement. Dans le doute, la ligne reste vide : un prévisionnel pessimiste qui se trompe fait une bonne surprise.
Une journée pour construire votre prévisionnel sur vos chiffres réels, et poser vos seuils d'alerte ? La journée « Piloter sa trésorerie et ses indicateurs de gestion »